Mon premier bivouac hivernal

Un bivouac l’été et un bivouac l’hiver ce n’est pas la même chose, la préparation et le matériel nécessaire n’est pas le même non plus. 

J’avais déjà eu envie de tester cette expérience l’hiver dernier. Bien sûr je n’avais ni les connaissances (même si sur internet tu trouves tout ou presque), ni le matériel. Et entre théorie et pratique, il peut vite y avoir un fossé ! 

Dans un premier temps, j’allais participer à une expédition de 3 jours “Mon premier bivouac hivernal” avec Explora Project.
Malheureusement, j’ai dû quitter l’aventure quelques heures après le début car Xavier a eu un accident.

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Partir avec Explora Project, c’était un moyen de partir en petit groupe, avec un guide et donc de me sentir en sécurité et aussi d’avoir une partie du matériel fourni comme la tente et le sac de couchage. C’était aussi le moyen d’apprendre le plus de chose possible et comment se préparer au mieux pour cette expérience. En plus, le programme des 3 jours est vraiment cool !

Je ne sais pas pour vous mais moi ce qui m’inquiète le plus avec l’idée d’un bivouac l’hiver c’est LE FROID. Et je crois que la solution est L’ISOLATION. 

Dans cet article, je vais donc partager mon expérience de ce premier bivouac même si j’ai encore beaucoup à apprendre. 

L’idée de partir seule, ne me plaisait pas trop. J’ai donc rejoint Agata et son amie Antje du côté de Grenoble pour partager cette expérience. Agata avait déjà 5/6 bivouacs hivernaux à son actif, et de mon côté j’avais une partie de la liste du matériels nécessaires grâce à Explora Project et les quelques conseils que le guide nous avait partagé. Malgré ça je n’étais pas prête à 100%. Donc je tiens à remercier Agata pour ces connaissances et son aide. 

Une météo favorable a aussi rendu l’expérience “agréable”. Pas trop froid et surtout pas trop de vent. 

Au départ du Vallon de Combeau dans la Drôme, nous avons marché en raquette environ 4km avec des sacs très lourds et volumineux. Nous avons trouvé un spot sympa avec vue sur le Mont Aiguille. 

Tout d’abord nous avons établi le camp, avec nos raquettes nous avons commencé à tasser la neige et de manière à ce que le sol soit le plus plat possible. C’est mieux pour dormir !  Ensuite avec la pelle, nous avons bâti un petit mur de neige tout autour de notre camp afin de nous protéger du vent. Nous avons monté deux tentes, les filles dormais ensemble dans une tente Salewa 3 personnes et moi j’avais ma tente Ferrino X Snowleader 2 personnes. Lancé sur cette idée d’isolation (je ne sais pas si c’était la meilleure solution mais à priori c’était pas mal), j’ai décidé d’utiliser deux couvertures de survie, une pour la mettre sous la tente et une autre dans la tente. Ensuite j’ai installé un tapis de sol Thermarest avec une R-value de 2.6 (R-value = indicateur de résistance thermique, donc plus l’indice est grand et plus le matelas vous isolera du froid). Une R-value de minimum 4 est nécessaire l’hiver. En superposant deux matelas la valeur R peut s’additionner. J’ai donc ensuite installé un matelas gonflable en Primaloft et déplié mon sac de couchage en plume confort -5°, tous deux d’une marque américaine inconnue en France et dont je n’ai pas l’information concernant la R-value du matelas.

Je pense que le tapis de sol Thermarest n’aurait pas été utile si j’avais été sûr que mon matelas gonflable avait une R-value d’au moins 4 car ce tapis est juste trop volumineux !

J’ai dormi avec mes sous-vêtements en mérinos et pied nu et je n’ai pas eu froid. 

J’aurais pu garder mes chaussettes mais les miennes étaient humide et j’avais oublié à la voiture ma paire de rechange, ça aurait pu être une grave erreur s’il avait fait plus froid !

Un achat supplémentaire que je dois faire : des sardines spécifiques pour la neige. Leur forme est différente des sardines classiques et il est important que la tente soit bien fixé au sol. J’ai pu m’aider de mes bâtons de rando mais évidemment comme j’en avais que 2 c’était insuffisant. Agata a pu me prêter une sardine mais heureusement qu’il n’y avait pas beaucoup de vent.

Une fois le camp monté, nous avons créé dans la neige un petit espace cuisine/salle à manger. Ainsi, nous avons pu mettre le réchaud à l’abri du vent et nous asseoir pour manger et discuter. Concernant cette partie où je n’avais que très peu de connaissance, j’ai appris que le gaz “normal” ne fonctionne pas avec le froid. Heureusement Agata avait une bouteille de Gaz Primus spécial Winter et de quoi créer une étincelle pour allumer le réchaud. En effet, le risque avec un briquet est le même qu’avec la bouteille de gaz et donc de ne pas fonctionner.

Pour le confort, il faudrait que je m’achète un petit matelas en mousse pour ne pas avoir à m’assoir dans la neige directement ! 

Pour les repas, on a fait simple et efficace, lyophilisé ! 

Je n’avais pas pris de Thermos pour m’alléger un peu mais je dois avouer que c’est bien pratique ! Nous utilisions la neige pour avoir de l’eau et avoir le Thermos d’Agata nous permettait d’avoir de l’eau chaude d’avance pour le repas ou même pour boire un petit thé pour se réchauffer.

Note à nous même : la prochaine fois je prendrai mon Jetboil qui permet de faire bouillir de l’eau en un temps record et non un réchaud classique car le temps que la neige fonde et soit à ébullition c’était un peu trop long.

Cette sensation en fin de journée, quand le camp est installé, qu’il n’y a pu personnes autour, que les couleurs commencent à apparaître dans un silence total… On a l’impression que la montagne nous appartient le temps d’une nuit ! D’ailleurs cette nuit-là, nous étions à 2 nuits de la pleine lune donc il faisait très clair, c’est à peine si nous avions besoin des lampes.

Nous sommes allées nous coucher vers 21h30, une fois au chaud dans mon duvet je me suis endormie assez vite. Je me souviens avoir vu minuit et ensuite 4h30. Globalement j’ai plutôt bien dormi mais j’ai eu l’impression de me réveiller souvent. Finalement, j’ai commencé à me préparer vers 6h30. Il faisait encore nuit mais Agata était déjà debout depuis au moins 1h. Nous avons bu un café ensemble et avons attendu le lever du soleil. Antje nous a rejoint et nous avons une fois de plus profiter de ce moment de silence profond et de beauté visuelle rien que pour nous. C’était une chance que nous avons grandement apprécié !

Nous avons commencé à ranger le camp vers 9h et nous avons pris notre petit dèj’ avant de repartir et quitter cette vue sur le Mont Aiguille.

Concernant le matériel en général je n’ai pas de recommandation spécifique puisque je n’ai pas testé toutes les marques. Cependant, lors de mes recherches, ce qui ressort beaucoup pour le matériel de bivouac hiver pour les matelas et les sacs de couchage c’est Thermarest ou Sea To Summit. Pour la tente 4 saison la marque MSR ou Salewa. Nos tentes étaient des 3 saisons et ça l’a fait quand même. Le guide d’Explora Project m’avait confirmé que c’était OK avec une 3 saisons donc j’étais quand même rassurée.

Du coup, je me suis intéressée à la différence entre une tente 3 et 4 saisons. Pour faire simple, les tentes 4 saisons sont plus robustes mais aussi plus lourde. Elles sont conçues pour des conditions climatiques difficiles : neige, vent, forte pluie … Les tentes 3 saisons peuvent supporter des vents légers, la pluie et même un peu de neige. Donc finalement, dans l’utilisation qu’on en a eu c’était suffisant. Bien sûr il ne faut pas oublier que la météo en montagne peut changer d’un instant à l’autre. 

Pour le sac de couchage personnellement j’en ai un en plume, mais lors de l’expédition avec Explora Project le guide nous en a prêté un en synthétique qui était plus volumineux et plus lourd. J’ai donc demandé la différence à part la taille et le poids, un sac de couchage en synthétique ne craindra pas ou moins l’humidité que la plume. Une fois humide ou mouillé, la plume ne gonfle plus et perd son pouvoir isolant. Donc le sac de couchage en plume étant moins volumineux, plus léger et aussi plus confortable est ce que je préfère par contre il faut être rigoureux dans son utilisation et son entretien.

La température de confort d’un sac de couchage est importante, par contre la température limite et extrême ne sont pas à tenir en compte. Malgré tout, la température confort n’est pas à tenir pour argent comptant, les facteurs qui vous sont propres comme votre sensibilité au froid, ou les facteurs liés aux matériels comme l’isolation que vous apporte votre matelas sont aussi à considérer. Un sac de couchage entre -5 et -10° de température confort serait l’idéal.

Il existe des draps de sacs de la marque Sea To Summit (Thermolite Reactor) pour gagner quelques degrés supplémentaires.

Les vêtements que l’on porte sont aussi importants. Jusqu’à lors on m’a toujours conseillé des sous couches en mérinos.

Malheureusement, le matériel peut vite coûter chers surtout quand on veut du matériel de qualité et léger ! C’est pourquoi j’ai beaucoup fait avec ce que j’avais déjà.

Dans l’idéal, je rachèterais un matelas gonflable avec une R-value de 4 ou plus et un duvet -10° en température confort. Et si je suis amené à faire plus de bivouac l’hiver à investir dans une tente 4 saison. 

Voici une sélection que j’ai faite sur le site de notre partenaire Snowleader : 

Matelas :
https://www.snowleader.com/neoair-xlite-lemon-curry-THEA00213.html
https://www.snowleader.com/neoair-xtherm-vapor-THEA00211.html 
Spécial pour les femmes : 
https://www.snowleader.com/neoair-xlite-w-lemon-curry-THEA00240.html

Duvet :
https://www.snowleader.com/oberon-18-c-0-f-THEA00173.html
https://www.snowleader.com/ascent-900-rococco-RAB_00082.html 
Spécial pour les femmes : 
https://www.snowleader.com/altitude-atii-SEAT00328.html

Tente 4 saisons :
Salewa 3p : 
https://www.snowleader.com/litetrek-pro-iii-tent-lightgrey-mango-SALE00432.html
Salewa 2p : 
https://www.snowleader.com/litetrek-pro-ii-lightgrey-mango-SALE00364.html
https://www.snowleader.com/advance-pro-2-orange-MSR_00262.html

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Liste du matériels (non exhaustive)

Bivouac hivernal : Interview Vincent Hibschelé

Afin de soutenir et compléter mon article, j’ai posé quelques questions à Vincent qui a déjà réalisé plusieurs bivouacs hivernaux et parfois dans des conditions un peu plus extrêmes. N’hésitez pas à aller voir sa page Instagram :

-Comment isolé la tente du sol ?
-Pour isoler la tente du sol j’utilise une couverture de survie épaisse et réutilisable avec la feuille brillante vers soit pour la réflexion de la chaleur. 

-Tu utilises quel matelas ?
-J’utilise pour ma part un matelas Thermarest Neoair Xtrem Vapor. Bien que cher, ce matelas reflète la chaleur contre le corps grâce à sa construction particulière.
Il est recommandé d’avoir un matelas de sol avec un fort R-Value supérieur à 4 pour des bivouacs en hiver. De préférence, éviter de gonfler le matelas avec sa bouche et utiliser un sac de gonflage. De ce fait, l’humidité de notre souffle n’est pas transmise au sein du matelas. 

-Quel sac de couchage ?
-Le duvet utilisé est de la marque Valandré, modèle Bloody Mary. Relativement compact et léger d’excellente qualité de fabrication.
De confort moins 6 je l’utilise jusqu’à moins 15 environ, les performances sont bonnes. 

-Quel tente ?
-Côté tente, mon expérience n’est pas la plus conseillée, j’utilise une Ferrino Lightent 3 places malgré qu’elle ne soit pas autoportante. Privilégier une tente autoportante dans la neige est conseillé. La MSR Huba Huba est bien suffisante sauf si vous prenez une tempête. Dans des conditions plus extrêmes avec des rafales à 40 50 km/h il est plus pertinent d’utiliser un modèle 4 saison.
Bien creuser son emplacement de tente et le tasser en ski ou raquettes et construire des murs avec la neige autour de la tente.
Pour les ancrages, utiliser des sardines classiques peut suffire en revanche il sera plus compliqué de les chercher le lendemain matin lorsque le sol sera gelé. La pelle sera utile.
Ne pas mettre ses sacs à dos à l’extérieur pour les animaux, notamment les renards qui ont tendance à visiter et les éventrer.

-Sac à dos, combien de litres ? Combien de kg ?
-J’utilise un sac à dos 60 plus 15 litres pour environ 18kg dont 4 kg de matos photo.

-Comment faire pour que les chaussures ne gèlent pas pendant la nuit ? 
-Pas de miracle pour les chaussures, ça gèle. Sinon mettre du papier journal dans les chaussures est idéal. Pas d’humidité et ça évite le gel.

-Lors de tes bivouacs “tempête” comment as-tu géré le vent ? Le froid ?
-Si le vent est très violent je rebrousse chemin ou je construits des murs plus importants en hauteur autour de la tente. 
Pour le froid important vers moins 15 je prends quelques chaufferettes avec moi pour la nuit et surtout je fais de l’exercice avant d’aller dormir pour réchauffer le corps. Bien aérer son duvet aussi lors de l’installation de la tente pour le pouvoir gonflant.

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5 Commentaires

  1. Bonjour
    Merci pour votre message. Nous sommes très heureux si cet article peut être utile. Nous vous souhaitons de pouvoir vivre cette expérience! 🙂

  2. Merci pour ce retour d’expérience .
    Je rêve d’un bivouac hivernal sans oser me lancer . Bravo à vous de l’avoir fait et un grand merci pour vos conseils .

  3. Bravo pour le blog !👏👏
    Des conseils de pro. Vous êtes au top. On vous suit assidûment. On vous adore ❤❤🥰
    Bonne continuation 🥰

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